Samedi 31 décembre 2011
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15:00
Article fait par une francaise vivant en Afrique du sud ...pour réflechir, vous êtes assez
grand pour ébaucher vos conclusions :
Hier, je suis allée à la laverie. Vie passionnante, n’est-ce-pas? Eh bien, en Afrique du Sud, c’est un évènement. Aller à la laverie quand on est Blanc, c’est un peu comme vouloir rentrer au
Manouchka en baskets. Ca ne se fait pas. Je dirais même : c’est un crime.
Entre deux coups de fer à repasser à grandes vapeurs, la dame de la laverie,
me lance des regards rouge feu, ne me parle pas, ne me répond pas quand je lui parle. Elle a un gros problème avec ma présence le nez dans la lessive.
Une Blanche, (riche par définition, hein, of course) qui ne donne même pas ses petites culottes au comptoir pressing de la laverie… c’est déjà un scandale. Mais, en plus, si
elle vient mettre la lessive toute seule dans la machine, ça veut dire qu’elle n’a pas de MAID! Et ça, en Afrique du Sud, c’est pire que l’évasion fiscale.
Une maid, c’est intraduisible. Parce qu’en Français, “bonne à tout faire”, “domestisque de maison” ou ”femme de ménage à plein temps”… ben ça sonne beaucoup moins bien. Ici, quasiment toutes
les familles blanches ont une maid. Presque toutes les maisons des beaux quartiers, ont un “cottage” dans le jardin, pour loger le personnel. A Johannesburg, de plus en plus
de familles Noires de classe moyenne embauchent une domestique. Ca a d’ailleurs donné beaucoup d’idée très intelligentes à des instituts de sondages sociologiques “est-ce
que les Blancs traitent mieux leur maid que les Noirs?” Bref…
Avoir une Maid, c’est contribuer à réduire le taux de chômage de ce pays (plus de 26%), c’est un peu comme cotiser à la Sécu. Demander à une dame qu’elle vienne nous aider à
nettoyer la maison, c’est lui offrir Noel avant Noel. Même pour 15 euros la journée. Comme cette famille blanche de Cape Town, très attentionnée, qui ne part jamais en
randonnée sans ses porteurs noirs. Ce n’est pas pour leur dos… “c’est pour leur donner du travail”.
Je n’ai rien contre embaucher du personnel de maison. Sauf quand on les paye 500 Rands par mois. Parce qu’après tout, ça fait bien d’avoir une maid, même quand on n’est pas bien riches non plus.
Ca me pose problème quand il n’y a pas de sécurité sociale, et que lors des soirées, on me glisse : “dis t’aurais pas besoin d’une maid? parce qu’on déménage, et on sait pas quoi en faire. La
pauvre, elle a 57 ans”. Au Consulat de France, je suis quand même tombée sur cette petite annonce : “Cède chien et Maid, pour cause départ”…
Il y a des “Madams” très bien. Regardez ma voisine. Jeune, dynamique, très ouverte, classe moyenne, elle a rénové le cottage d’Anna, sa Maid. Il est très beau. Anna s’était
retrouvée veuve à 40 ans. Elle a du partir de sa petite ville au Nord, trouver du travail à Johannesburg. Elle peut envoyer un peu d’argent à ses trois enfants qui vivent tout
seuls : 10, 12 et 16 ans.
A six heures, elle va promener les chiens de Madam, à sept, elle sort les poubelles, à huit, elle tond la pelouse, à neuf, elle fait la vaiselle… tout ça jusqu’à 17h30. Je ne
sais pas combien elle est payée. Pas assez, en tout cas, pour aller rendre visite à ses enfants plus d’une fois par an, à 150 rands (15 euros) le trajet en minitaxi.
Je l’ai vue ce matin, elle n’arrêtait pas de sourire. Elle part demain. C’est bientôt Noël. Tout en s’occupant des chiens de Madam, elle m’a confié son inquiétude pour son fils
ainé. Il fait l’école buissonière et tourne “Totsi” (gangster). Mais qu’est-ce qu’elle peut bien y faire? Après tout, elle le voit une fois par an. Qu’est-ce qu’elle peut bien lui
dire? Elle n’a même pas de cadeau à leur offrir.
ET DEMAIN , ayez une pensée pour les Maids d'Afrique du Sud .
et comme on ne peut finir sur une note triste ....Régardez la video de Desmond TUTU, archevéque du Cap durant l'apartheid qui raconte une histoire de Noel ... mort
de rire
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